Mahomet reçoit la révélation de l’ange Gabriel. Compendium des Histoires (Jâmi‘ al-tawârikh) de Rashîd al-dîn, manuscrit illustré produit à Tabriz au début du XIVe siècle (Edinburgh University Library, MS Arab 20).

Le Coran (« récitation ») est le texte sacré de l’islam, écrit au VIIe siècle de notre ère. Comme la Bible, il a sa place sur propagerlefeu.fr en tant que texte littéraire et en raison de son importance culturelle.

D’un point de vue religieux, il est censé avoir été révélé à Mahomet par l’archange Gabriel.

Il est divisé en 114 sourates, elles-mêmes divisées en plus de 6.000 versets.

Le Coran étant la parole de Dieu, il est supposé être une oeuvre parfaite et inimitable. A ma (très faible) connaissance, le texte du Coran est en effet bien établi. D’ailleurs, les plus anciens corans trouvés en 1973 dans une cache d’une mosquée de Sanaa, au Yémen, après l’écroulement d’un mur, indiquent une grande stabilité du texte.

Reste la question des traductions et du commentaire du texte (analyse des sources, notes historiques sur le milieu de la première communauté musulmane, commentaire littéraire, notes sur les difficultés de traduction avec propositions d’alternatives…)

Edition de référence :

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Paradoxalement, s’agissant d’un texte sacré, la meilleure édition sera sans doute celle qui sera la plus fondée scientifiquement.

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4 réponses
  1. Neo-Birt7
    Neo-Birt7 dit :

    La traduction considérée par les spécialistes français d’arabe classique comme la plus solide philologiquement est celle de Régis Blachère, Paris, Maisonneuve, 1949-1951, 2 vol. : « Le Coran. Traduction selon un essai de reclassement des sourates » (le tome de prolégomènes, « Introduction au Coran », a paru en 1947 chez le même éditeur et constitue une rareté). Les sourates y sont dépecées en fonction de l’attribution conjecturale de chacun des morceaux qui les composent à l’une ou l’autre des trois grandes périodes de la prédication du Prophète que la science coranique occidentale distingue depuis Th. Nöldeke; c’est ennuyeux quand on recherche rapidement une référence, pour ne rien dire du vieillissement inhérent à ce type de système, aussi valides qu’en soient les fondements. Si la traduction Blachère ainsi que ses notices et annotations (très concises, voire lapidaires) ne supposent aucune connaissance de l’arabe, la littéralité de ce Coran francisé ne va pas sans faire souvent violence à la langue française, l’auteur employant en outre sans vergogne des termes vieillis, voire des néologismes, pour nombre de vocables arabes au rendu difficile (voir le tome I, p. XII: « dans certains cas désespérés, on s’est cru autorisé à utiliser des vocables peu usuels comme aumôner, audient, absoluteur (…). De même, on s’est hasardé à substantiver des participes et des adjectifs que l’usage du français d’admet point avec cette acception. Qu’on veuille donc excuser l’emploi de Pieux, Perdants, Sans-Loi »). Cette traduction a été conformée à la division traditionnelle en sourates rangées dans l’ordre décroissant de leur longueur après l’ouverture que constitue la Liminaire ou L’Ouvrante (sourate 1, Al-fātiḥa), dans une editio minor que l’on peut télécharger assez facilement en ligne : « Le Coran (al-Qorʾân). Traduit de l’arabe par Régis Blachère », Paris, Maisonneuve et Larose, 1966 ; l’introduction y est nouvelle, le commentaire, réduit à la portion congrue. Je recommande cependant l’une ou l’autre des traductions suivantes, beaucoup plus avenantes et qui chacune présente des avantages marqués. La Pléiade par Denise Masson (Paris, 1967) se recommande par la beauté et le poétisme de sa langue ; le sens y est étudié de manière convenable, en toute indépendance des traditions du commentaire coranique classique mais plutôt par absence d’intérêt envers (voire méconnaissance de) celles-ci que par a priori philologique comme chez Blachère, et on sent un peu trop nettement dans l’annotation le souci d’un rapprochement avec les Ecritures juives. Beaucoup plus intéressante est la version richement commentée par (Si) Ḥamza Boubakeur que cet éminent arabisant a donnée dans les années 70 et 80 sous des titres variables (Paris, Fayard, 1972, 2 vol. toilés blancs sous jaquette ; réimpr. avec le texte arabe en vis-à-vis, 1979, 2 vol. toilés verts ; 3e édition, toujours bilingue, Alger, Éditions Nationales des Arts Graphiques, 1989, 2 vol. toilés marron); outre la beauté, la clarté et la précision de la traduction, on y trouve une véritable exégèse perpétuelle, tafsīr, qui s’efforce de tenir un milieu acceptable (pour un musulman modéré et francophile de la génération de Boubakeur, s’entend) entre la science religieuse et la philologie arabe rigoureuse à l’occidentale, ce dont témoigne la riche bibliographie et les indices très détaillés en fin du second volume des moutures parisiennes – tout simplement le meilleur commentaire disponible en français, à la fois modéré et sagace d’un point de vue occidental. La version très réputée de Jacques Berque (Paris, Sinbad, 1990 ; 2e édition révisée, Paris, Albin Michel, 1995) « Le Coran. Essai de traduction de l’arabe annoté et suivi d’une étude exégétique » conjugue l’empathie avec la dimension sacrée du texte que l’on trouve chez Boubakeur et avec le souffle poétique de Masson, ce dont témoignent en particulier ses notes sporadiques mais denses et l’essai de 80 p. ‘En relisant le Coran’. Très mauvaises sont en revanches les traductions par André Chouraqui (Paris, Robert Laffont, 1990), fort peu fidèle par incompétence et dont aucune des innombrables libertés qu’elle s’octroie avec les rendus traditionnels de tel mot ou tel expression, voire avec l’interprétation de morceaux entiers, n’est défendue adéquatement par les considérations auquel en appelle cet auteur, et par Muhammad Hamidullah assisté de Michel Léturmy, sortie en 1959 et sans cesse réimprimée depuis, dont le français balbutiant dessert le texte sacré davantage qu’il en manifeste la force. Je dois avouer une certaine tendresse pour le travail décapant de Maurice Gloton aux éditions Al-Bouraq (« Le Coran. Essai de traduction et annotations », s.l., 2014, avec le texte arabe) ; le français en est vigoureux et souvent inspiré, les notes personnelles. Bien entendu, les traductions anciennes de Kazimirski (1840) et de Savary (1783, encore répandue chez nous car elle fut réimprimée entre les années 20 et les années 70 dans les ‘Classiques Garnier’) ne présentent plus guère qu’un intérêt de curiosité ; sauf par divertissement, il y a danger bien davantage que profit à y retourner.

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    • Domonkos Szenes
      Domonkos Szenes dit :

      Merci de ce commentaire. J’ai lu, à différentes époques de ma vie, les versions de Blachère (qui était déjà considérée comme une référence classique au début des années 70), celle de la Pléiade (qui m’a, je dois le dire, quelque peu ennuyé et à laquelle j’ai du mal à m’attacher, sentiment personnel qui n’a rien de scientifique) et celle de Berque (que je considérais dans ma jeunesse comme indépassable). Vous venez de me donner motif d’aller voir celle de Boubakeur, vers laquelle je n’aurais pas eu l’idée de me diriger si vous ne nous y invitiez pas.

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  2. Neo-Birt7
    Neo-Birt7 dit :

    En langues étrangères, on peut recommander la traduction commentée allemande de Rudi Paret, « Der Koran », I « Übersetzung », Stuttgart, Kohlhammer, 1962, II « Kommentar und Konkordanz », ibid., 1971 (réimpressions diverses des deux volumes, un millier de pages au total; le dernier tirage connu de moi date de 1993-1996), austère mais d’une d’une solidité à toute épreuve par un grand maître des études arabes; la référence en langue anglaise est désormais, et sans doute pour longtemps, l’entreprise d’une équipe d’arabisants américains pilotée par Seyyed Hossein Nasr, « The Study Quran. A New Translation and Commentary », New York, HarperOne, LIX + 1988 pages, où la version d’ensemble de chaque sourate peut se lire par elle-même avant d’aborder le commentaire lemmatique, lequel répète le texte de chacun des versets examiné, tandis qu’une quinzaine d’essais interprétatifs en fin de volume tente d’introduire le lecteur au maniement du livre sacré.

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  3. Neo-Birt7
    Neo-Birt7 dit :

    J’ai oublié de spécifier que le Coran américain date de 2017. Si l’on veut une introduction au texte saint, l’un des travaux français les plus souvent cités mérite un avertissement très clair : « Le Seigneur des Tribus. L’Islam de Mahomet » par Jacqueline Chabbi, Paris, Noêsis, 1997, et réimprimé aux éditions du CNRS en 2010 puis 2013, signe de sa faveur, est malheureusement de nature à implanter dans l’esprit d’un lecteur non averti maintes idées dangereuses, tant l’aisance quelque peu captieuse de son exposé imbrique le quasi-certain, le vraisemblable, le possible et les spéculations les plus débridées sans les caveats qui eussent été nécessaires (il y aurait fallu des notes infrapaginales démesurées, mais depuis quand une thèse décapante peut-elle se passer d’un tel balisage sans endommager fondamentalement sa crédibilité ?). On préféra son « Les trois piliers de l’Islam. Lecture anthropologique du Coran », Paris, Seuil, 2016, tout aussi engagé mais qui ne prétend pas faire de la science originale.

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