Howard Philipps Lovecraft  (souvent cité H.P. Lovecraft, comme on dirait « H.G. Wells ») est un écrivain américain du début du XXème siècle. Il est l’auteur d’œuvres d’horreur/de fantastique (dont la qualité lui fait dépasser le stade « d’auteur de genre ») et le créateur d’une mythologie cosmique dont l’influence culturelle est immense pour le genre. On peut le comparer à Edgar Allan Poe, qui fut sa principale inspiration (aux côtés de Lord Dunsany) ; même si les thèmes et l’écriture d’H. P. Lovecraft en font un nouveau jalon original de l’écriture du fantastique.

Ses titres les plus connus sont sans doute :

  • La Couleur tombée du ciel
  • Le cauchemar d’Innsmouth
  • L’appel de Cthulhu

(le « C » de Cthulu devant se prononcer à la manière du « j » (jota,) espagnol : un raclement de gorge.)

Le réalisme de ses créations (dont un grimoire secret, le Nécronomicon) ont pu faire douter de la fictivité des objets ou des mythes qu’il a inventés. Retenons qu’il n’a jamais cru à ses propres mythes, qui étaient pour lui des outils littéraires, et qu’il serait vain de chercher une cohérence parfaite dans cette cosmogonie.

Au-delà des nouvelles ou des romans (courts), Lovecraft est l’auteur d’une correspondance gigantesque. Les estimations varient (de 40.000 à 100.000 lettres). Cette correspondance est la véritable clé de la compréhension de l’auteur.

On a beaucoup glosé sur le racisme de Lovecraft. Mais pour l’essentiel, il ne s’agissait que du racisme ordinaire de son époque. Si sa répulsion était réelle et indiscutable, on chercherait en vain dans ses textes les appels haineux au meurtre lancés par d’autres auteurs. Lovecraft n’est pas Céline. Rappelons-nous, par exemple, que sa femme était juive. Ce racisme doit cependant être évoqué pour bien comprendre l’oeuvre elle-même, où la peur de l’inconnu, le dégoût et l’indicible tiennent une place prépondérante.

Parallèlement à ce racisme, l’on peut retenir que Lovecraft est un WASP (Blanc ; Anglo-saxon ; mais athée)  ayant conscience de son déclassement ; ceci expliquant peut-être cela.

Au rang des idées reçues, on peut aussi oublier « le reclus de Providence ». Lovecraft était au contraire particulièrement sociable ; mais sans doute sa sociabilité était elle limitée par ses moyens fort modestes.

Il est aussi intéssant de connaître le goût de Lovecraft pour la science, et en particulier l’astronomie, pour bien appréhender son oeuvre.

« J’aspire à un monde de mystères magnifiques et gigantesques, de splendeurs et de terreurs, dans lequel ne règne aucune autre limitation que celle d’une imagination sans contrainte. » Cette aspiration a sans doute trouvé son épanouissement dans la littérature.

Lovecraft a influencé de nombreux auteurs. Pour quitter la littérature : Un jeu de rôle, L’appel de Cthulhu, a marqué les années 1980 et continue de paraître épisodiquement. J’ai moi-même fait l’acquisition récente de « Londres au XIXe siècle« , paru dans le cadre de ce jeu de rôle ; un livre intéressant sur le Londres de l’époque Victorienne.

Edition de référence :

  • Bouquins, chez Robert Laffont [par défaut]

Edition présentée et établie par Francis Lacassin.

3 volumes, reprenant à ma connaissance l’intégrale de l’auteur (hors la correspondance, qui n’est ici présente qu’en sélection), ses notes de travail, ses brouillons abandonnés ; ainsi que bon nombre de textes de continuateurs ou de pasticheurs.

31 € par volume, neuf.

  • La correspondance

…N’est malheureusement pas disponible en français.

La maison Arkham House Publishers a édité ses « selected letters » en 5 volumes. Non traduites exhaustivement en français à ma connaissance.

Livre(s) ou ressource(s) recommandable(s) :

  • Maurice Levy est l’auteur d’un essai précurseur en France : Lovecraft, paru en 1972 chez 10/18.

L’essai a bonne réputation et, parait-il n’a pas vieilli (bien que son auteur soit revenu, 37 ans plus tard, sur son enthousiasme de l’époque). J’en ferai le commentaire détaillé prochainement (dans sa réédition de 1985 chez Christian Bourgeois, parue sous le titre Lovecraft, ou, Du fantastique).

Dans l’attente, il est chroniqué sur Persée : – lien externe vers la chronique sur Persée –

  • Michel Houellebecq est l’auteur de H. P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie.

L’essai semble apprécié également ; il est disponible en poche chez 10/18 pour moins de 6 €, alors autant se faire une petite idée. J’en ferai aussi un commentaire très prochainement.

A vous de jouer maintenant !

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